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24.09.2026 11:07
Auteur : Peter Cebron

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Le Snapdragon 8 Elite Gen 6 franchit la barre des 5 GHz. Sera-t-il meilleur que le MediaTek 9600 Pro ? Ou que la puce A20 Pro d'Apple ?

Le Snapdragon 8 Elite Gen 6 franchit la barre des 5 GHz. Sera-t-il meilleur que le MediaTek 9600 Pro ? Ou que la puce A20 Pro d'Apple ?

Cinq gigahertz dans un téléphone ! J’ai hâte de voir tous les fabricants Android s’emparer de ce chiffre comme argument de vente exclusif l’année prochaine, même si le Snapdragon 8 Elite Gen 6 équipera tous les smartphones haut de gamme.

Vraiment ? Cette année marque la première fois que Qualcomm présente deux puces : la Snapdragon 8 Elite Gen 6 « classique » et la Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6. Je déteste leur appellation, mais ça vaut le coup rien que pour le plaisir que j’ai à voir leurs performances.

Les deux modèles utilisent une gravure en 2 nm, possèdent huit cœurs Oryon et atteignent une fréquence de 5 GHz. L'intérêt de l'Extreme ne réside donc pas dans la supériorité de son processeur. La différence se situe ailleurs : au niveau des graphismes, du traitement de l'interface utilisateur, de la vidéo et de la quantité de ressources matérielles dédiées à des tâches que le GPU était incapable de gérer il y a encore quelques années.

Qualcomm revendique des performances CPU supérieures de 13-% et des performances graphiques supérieures de 44-% pour le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 par rapport à la génération précédente, tandis que l'Elite Gen 6 standard offre respectivement 10 et 35 %.

La fréquence de 5 GHz est impressionnante. Ce qui m'intéresse surtout, c'est l'autonomie du téléphone.

La partie processeur des deux Snapdragon se compose de deux cœurs Oryon principaux cadencés à 5 GHz maximum et de six cœurs hautes performances fonctionnant jusqu'à 4 GHz. Qualcomm se retrouve donc cette année sans la configuration classique de petits cœurs à faible consommation, présente sur de nombreux autres processeurs mobiles. Tous les cœurs sont relativement puissants ; la différence réside principalement dans leur position hiérarchique et leurs fréquences.

Sur le papier, 5 GHz, c'est impressionnant. En réalité, un téléphone n'est pas un ordinateur de bureau avec un gros dissipateur thermique et un ventilateur, sauf s'il s'agit des téléphones RedMagic, et même dans ce cas, le refroidissement par ventilateur et par eau a ses limites.

Lorsque je lance un jeu, exporte une vidéo ou utilise un modèle de langue locale pendant une période prolongée, je me fiche de ce que fait le processeur pendant les dix premières secondes. Ce qui m'importe, c'est ce qu'il fait dix ou vingt minutes plus tard.

Un procédé de fabrication à 2 nanomètres permettra-t-il d'améliorer l'efficacité ? Une finesse de gravure plus importante ne signifie pas pour autant que chaque transistor mesure littéralement deux nanomètres de large. Les appellations des nœuds de fabrication ne correspondent plus depuis longtemps à une mesure physique directe des composants individuels du transistor. Elles constituent néanmoins un bon indicateur de la génération de technologies de fabrication permettant une densité de transistors plus élevée et, généralement, un meilleur rapport performance/consommation.

Qualcomm affirme que le nouveau processeur est jusqu'à 37 % plus économe en énergie que la génération précédente sur les deux puces. Si cela se confirme, je serai encore plus enthousiaste que la fréquence de 5 GHz.

Bien sûr, beaucoup dépendra du téléphone. Le RedMagic avec ventilateur actif, le Samsung ultra-fin et le Honor pliable utilisent peut-être la même puce, mais leurs performances seront très différentes après vingt minutes d'utilisation intensive.

Les 16 Mo de FlexCache sont un détail bien moins glamour, mais je pense qu'ils seront importants.

Ce qui a également retenu mon attention avec le nouvel Oryon, c'est la modification apportée au cache. Les deux processeurs disposent de 16 Mo d'Oryon FlexCache accessibles par les cœurs. Qualcomm l'utilise comme un pool partagé de cache de second niveau, plutôt que de lier systématiquement chaque cœur ou groupe de cœurs à ses blocs.

Un processeur peut être rapide, mais s'il doit constamment attendre des données de la mémoire système, une partie de sa capacité reste inutilisée. Le cache est un espace de stockage très rapide, situé juste à côté des cœurs du processeur, où celui-ci stocke les données dont il prévoit d'avoir besoin prochainement. Plus les données restent proches du processeur, moins celui-ci a besoin d'accéder à la mémoire système, beaucoup plus lente et énergivore.

La version Extreme n'a pas un processeur beaucoup plus performant. Mais elle possède un GPU bien plus intéressant.

Les deux modèles bénéficient de la puce graphique Adreno de nouvelle génération. Qualcomm annonce des performances graphiques jusqu'à 35 % supérieures et une efficacité énergétique jusqu'à 40 % supérieure pour la version standard Elite Gen 6, tandis que la version Extreme offre des performances jusqu'à 44 % supérieures et une efficacité énergétique jusqu'à 40 % supérieure.

Mais l'Extreme bénéficie également des cœurs Adreno Matrix et d'Adreno Neural Fusion. Les cœurs Matrix sont des unités de calcul dédiées aux opérations qui alimentent les réseaux neuronaux. Si vous connaissez le concept des cartes graphiques Nvidia et de leurs cœurs Tensor, l'idée est similaire. Jusqu'à présent, il était logique de considérer le GPU et le NPU comme deux blocs relativement distincts sur un téléphone. Le GPU effectue le rendu graphique, tandis que le NPU gère les modèles d'interface utilisateur. Neural Fusion vise à atténuer cette séparation.

Les cœurs matriciels dédiés sont directement intégrés à la partie graphique, permettant ainsi à l'interface utilisateur de contribuer à la création de l'image finale sans que le système ait à transférer systématiquement les données du pipeline graphique vers un autre bloc de processeur. Qualcomm évoque la super-résolution neuronale, la génération d'images et la reconstruction d'image avancée. Concrètement, cela signifie que le GPU ne se contente plus du rendu classique des triangles, des textures, de l'éclairage et des effets. Une partie de l'image peut être reconstruite ou améliorée par un modèle neuronal.

Cela correspond à une tendance très similaire à celle que nous observons depuis un certain temps sur les ordinateurs, par exemple avec DLSS, FSR...

Au lieu de toujours afficher le jeu à la résolution cible maximale, je peux l'afficher à une résolution inférieure, puis utiliser le modèle pour reconstruire une image finale plus nette. Si je peux faire de même avec les images intermédiaires, je réduis la charge de calcul classique du GPU. Sur un téléphone, cette approche est peut-être encore plus importante que sur un ordinateur de bureau, car chaque watt économisé compte.

L'Extreme dispose également de 18 Mo de mémoire haute performance Adreno dédiée, une mémoire rapide située juste à côté de la section graphique. Son rôle est similaire à celui du cache du processeur : réduire la fréquence d'accès à la mémoire vive système.

Il ne nous manque plus que des jeux. Sans le soutien des développeurs, les cœurs Matrix ne sont qu'un composant de silicium très intéressant, mais qui reste inutilisé la plupart du temps. C'est pourquoi Qualcomm travaille directement avec les moteurs de jeu et les développeurs. J'espère que cette collaboration portera ses fruits.

Qu’en est-il du NPU Hexagon ? Où l’utiliserons-nous ?

Qualcomm annonce un gain de performances NPU d'environ 14 à % sur le Snapdragon 8 Elite Gen 6 standard. La version Extreme représente un bond en avant bien plus important : son NPU serait 35 à % plus rapide et offrirait un rapport performances/consommation énergétique jusqu'à 33 à % supérieur.

De plus en plus d'interfaces utilisateur locales devront être actives en permanence, et non plus seulement lorsque j'ouvre une application et que je saisis une question. C'est pourquoi Qualcomm utilise un Sensing Hub repensé, doté d'unités de traitement plus petites et de deux micro-NPU. L'objectif est d'effectuer des tâches plus simples avec une consommation d'énergie nettement réduite, sans avoir à réactiver le NPU Hexagon principal ni le processeur.

Avec Extreme, Qualcomm évoque également une capacité mémoire suffisante pour exécuter des modèles Mixture-of-Experts (MoE) comportant plus de 30 milliards de paramètres. Dans le modèle MoE, les 30 milliards de paramètres ne sont pas tous utilisés à chaque étape. Seule une partie, ou certains « experts », sont activés. Il est ainsi possible de disposer d'un modèle partagé de grande taille sans que le processeur ait à parcourir l'intégralité du réseau pour chaque jeton créé.

Les photos ne sont plus seulement le fruit du travail de la puce de traitement d'images (ISP).

Une grande partie de l'image finale est créée dans la puce. Le Snapdragon 8 Elite Gen 6 utilise de nouveaux algorithmes et un pipeline d'image intégrant Intelligent Pixel Control, Elite Color Engine et Motion Intelligence. Qualcomm décrit Intelligent Pixel Control comme une analyse d'image au niveau du pixel, principalement destinée à réduire les reflets parasites, les halos et autres artefacts. Motion Intelligence exploite les informations de mouvement pour la stabilisation.

Le processeur de signal d'image (ISP) classique se concentrait principalement sur la réduction du bruit, le traitement des couleurs et le HDR. Aujourd'hui, il doit collaborer avec l'unité de traitement réseau (NPU), analyser le contenu de l'image, séparer le sujet de l'arrière-plan et effectuer toutes ces opérations des dizaines, voire des centaines de fois par seconde en vidéo. L'Extreme est nettement plus ambitieux dans ce domaine. Il prend en charge l'enregistrement 8K à 60 images par seconde et 4K à 240 images par seconde, et Qualcomm annonce également la prise en charge simultanée de trois capteurs de 64 mégapixels.

La 8K60 est techniquement impressionnante, même si je filme encore beaucoup plus souvent en 4K. Je trouve la 4K240 plus intéressante. À une telle vitesse, je peux obtenir des ralentis de très haute qualité sans passer en Full HD.

X105 : Nous n’atteindrons pas des vitesses de 14,8 Gbit/s, mais le modem reste tout de même loin d’être négligeable.

Les deux processeurs utilisent le modem Snapdragon X105, compatible 5G Advanced et offrant des débits théoriques allant jusqu'à 14,8 Gbit/s en émission et 4,2 Gbit/s en réception. Non, je ne mesurerai pas 14,8 Gbit/s sur mon téléphone demain. Depuis des années, les débits théoriques maximums des modems reflètent davantage les performances techniques maximales que les résultats obtenus au quotidien.

Qualcomm affirme que la nouvelle partie RF consomme jusqu'à 30 % d'énergie en moins (%) et que la nouvelle configuration d'antenne améliore la réception et le débit dans des conditions de faible couverture. Le FastConnect 8800 présente des caractéristiques similaires. Ce système prend en charge le Wi-Fi 8, les canaux de 320 MHz, la modulation 4K QAM et un débit théorique maximal d'environ 11,6 Gbit/s. Qualcomm met également en avant une configuration Wi-Fi 4x4. Le Wi-Fi 8 est loin d'être un argument suffisant pour acheter un nouveau téléphone actuellement. Mais il est rassurant de savoir que la puce qui équipera les téléphones en 2027, et probablement au-delà, sera également compatible avec la prochaine génération de réseaux.

Muflier
8 Elite Gen 6
Muflier
8 Elite Extreme Gen 6
MédiaTek
Dimensity 9600 Pro
Pomme
A20 Pro
Production2 nm2 nm2 nm2 nm
ProcesseurOrionOrionBras C2Processeur Apple
Noyaux2 + 62 + 62 + 3 + 36 cœurs
Fréquence maximale5 GHz5 GHz4,55 GHz4,93 GHz
Cache16 Mo FlexCache16 Mo FlexCache16 Mo L3 + 10 Mo SLC16 Mo
GPUAdrénoAdrénoMali-G2 Ultra NXGPU Apple à 7 cœurs
Graphiques neuronauxVersion plus basiqueNoyaux matriciels + Fusion neuronaleGraphiques neuronaux GPU-NPUAccélérateurs neuronaux dans les GPU
NPUHexagoneHexagone plus puissantNPU 1090Moteur neuronal double à 16 cœurs
Interface utilisateur à faible consommationConcentrateur de détection + micro-NPUConcentrateur de détection + micro-NPUNPU 2.0 ultra-efficacearchitecture intégrée
8K / 60 images/secondeNonOuiOuiNon exposé
4K / 240 images/secondeNonOuiOuiNon exposé
APVNon exposéOui——
5GSnapdragon X105Snapdragon X1055G avancée intégréeApple C2
Wi-FiWi-Fi 8Wi-Fi 8Wi-Fi 7Wi-Fi 7 via N1

MediaTek Dimensity 9600 Pro : Qualcomm n’a pas d’adversaire facile cette année

MediaTek est également passé à la gravure en 2 nm avec la puce 9600 Pro, mais celle-ci utilise des cœurs Arm et une configuration CPU différente. L'architecture est de type 2 + 3 + 3 : deux cœurs Arm C2-Ultra parmi les plus puissants et deux groupes de trois cœurs C2-Pro, différant par la quantité de cache L2. Ainsi, MediaTek abandonne également les cœurs de petite taille classiques et poursuit sa philosophie « All Big Core ».

MediaTek revendique une amélioration de 17 Tx/s en monocœur et de 15 Tx/s en multicœur par rapport à son prédécesseur. Il offrirait une amélioration de 37 Tx/s en monocœur et de 61 Tx/s en multicœur.

La Dimensity 9600 Pro possède deux atouts majeurs : la mémoire LPDDR6 et l’UFS 5.0. MediaTek annonce un débit effectif jusqu’à 33 Tbit/s supérieur à fréquence égale pour la LPDDR6, tandis que l’UFS 5.0 est environ deux fois plus rapide en lecture et en écriture que la génération précédente. MediaTek intègre également un NPU 1090 et un NPU 2.0 Super Efficient dédié, conceptuellement très similaire à la division du NPU principal de Qualcomm en unités plus petites pour les tâches exécutées en continu. Côté graphique, elle utilise le Mali-G2 Ultra NX, dont les performances auraient été améliorées de 27 Tbit/s, l’efficacité de 24 Tbit/s et le ray tracing jusqu’à 18 Tbit/s.

Apple possède moins de cœurs, mais cela ne s'est pas traduit par des performances moindres depuis longtemps.

Apple a lancé cette année la puce A20 Pro, également gravée en 2 nanomètres. Son processeur est doté de six cœurs, son processeur graphique de sept cœurs, et son interface utilisateur repose sur un nouveau moteur neuronal double à 16 cœurs, soit un total de 32 cœurs neuronaux. Apple revendique une puissance de calcul deux fois supérieure pour ce moteur par rapport à la puce A19 Pro, et un gain de performances du processeur graphique jusqu'à 40 fois plus rapide (%). La bande passante mémoire a quant à elle été augmentée de 50 Mbps (%).

Qu’en est-il du refroidissement ? Apple a modifié l’encapsulation de la puce afin que la mémoire ne soit plus directement exposée à la chaleur entre le silicium et le système de refroidissement. La puce est ainsi mieux connectée à la chambre à vapeur, dont la surface est trois fois supérieure à celle de la génération précédente sur l’iPhone 18 Pro. De ce fait, Apple promet des performances soutenues jusqu’à 40 % plus élevées.

Le Snapdragon 8 Elite Extreme Gen 6 se distingue par sa conception particulièrement performante pour le traitement neuronal et la vidéo avancée. Le Dimensity 9600 Pro, quant à lui, est extrêmement prometteur grâce à son processeur multicœur, son double NPU, sa mémoire LPDDR6, son stockage UFS 5.0 et ses promesses d'efficacité énergétique exceptionnelles. Apple continue cependant de miser sur une intégration poussée de la puce, de la mémoire, du logiciel et du système de refroidissement.


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